SOS en code morse : ce que ça veut dire et pourquoi c’est ... --- ...
La vraie histoire du SOS : pourquoi il a été choisi en 1906, ce qu’il signifie (et ne signifie pas), son rôle sur le Titanic, et comment le tapoter ou le faire clignoter correctement.
Trois points, trois traits, trois points. SOS est le morceau de code morse le plus reconnaissable au monde, connu même de gens incapables d’envoyer la moindre autre lettre. Pourtant, presque tout ce que le grand public croit savoir à son sujet est légèrement faux. Ce n’est pas une abréviation. Il n’a pas été utilisé pour la première fois sur le Titanic. Et techniquement, ce ne sont même pas trois lettres. Voici la véritable histoire, et comment l’envoyer si vous en avez un jour besoin.
SOS ne veut rien dire
« Save Our Souls », « Save Our Ship », « Sauvez Ou Secourez » : tout cela, ce sont des rétro-acronymes inventés après coup. SOS a été choisi uniquement pour sa sonorité et son apparence sur le papier. La séquence di-di-dit dah-dah-dah di-di-dit est impossible à confondre, facile à envoyer même sous la pression, impossible à prendre pour du trafic ordinaire, et reconnaissable par un opérateur qui n’en capte qu’une partie. Les lettres S et O ne sont que les noms que l’on a accolés au motif par la suite.
À strictement parler, SOS est un prosigne : un seul signal continu, envoyé sans espace entre les trois groupes. Correctement écrit, il porte une barre au-dessus, SOS surligné, pour montrer qu’il s’agit d’un seul symbole et non de trois lettres séparées. En pratique, cependant, presque tout le monde l’envoie et le décrit comme S-O-S, et cela fonctionne dans les deux cas.
D’où vient le SOS : Berlin, 1906
Dans les premières années de la télégraphie sans fil, il n’existait aucun appel de détresse convenu. La compagnie Marconi, qui dominait la radio maritime, a introduit CQD en 1904 : CQ était l’appel général à toutes les stations, et D a été ajouté pour la détresse. Pendant ce temps, l’Allemagne avait adopté son propre signal dans son règlement radio de 1905 : le motif trois points-trois traits-trois points, qu’on y appelait le « Notzeichen », le signe de détresse.
Lorsque les délégués du monde entier se sont réunis à la Convention radiotélégraphique internationale de Berlin en 1906, ils ont choisi le signal allemand comme norme internationale. L’accord est entré en vigueur le 1er juillet 1908. Certaines sources suggèrent que le motif a été retenu en partie parce qu’il pouvait être envoyé rapidement et répété indéfiniment sans ambiguïté, et en partie parce que le système allemand était déjà en usage. Les opérateurs britanniques de Marconi ont mis du temps à abandonner CQD, et pendant plusieurs années les deux signaux se sont entendus en mer.
Le SOS et le Titanic
L’histoire populaire selon laquelle le SOS aurait été utilisé pour la première fois par le Titanic en avril 1912 est fausse, mais elle contient un fond de vérité. Le premier SOS enregistré est généralement attribué au paquebot Slavonia de la Cunard, échoué près des Açores en juin 1909, et certains revendiquent des usages encore plus anciens par des navires allemands. Les opérateurs du Titanic, Jack Phillips et Harold Bride, ont d’abord envoyé CQD, comme le voulait la pratique Marconi. Selon le récit ultérieur de Bride, il a suggéré à Phillips d’essayer aussi le nouvel appel, en plaisantant que ce serait peut-être sa dernière occasion de l’envoyer. Le Titanic a donc envoyé à la fois CQD et SOS, et l’énorme retentissement du naufrage a fait plus que n’importe quelle convention pour que le SOS devienne le signal que tout le monde connaît.
Le drame radio de cette nuit-là, avec l’opérateur du Californian tout proche parti se coucher et le Carpathia traversant les glaces pour rejoindre les survivants, a conduit directement à de nouvelles règles imposant une veille radio permanente sur les navires à passagers.
Comment tapoter un SOS
Parce que c’est un seul signal continu, le SOS est l’une des choses les plus faciles à envoyer correctement, mais le rythme compte quand même. Respectez les rapports standard du morse : un trait dure trois fois plus longtemps qu’un point, et l’espace entre chaque élément dure un point. Ne laissez pas d’espace plus long entre le S et le O, puisque le signal est censé s’enchaîner.
- Trois coups courts : tap, tap, tap.
- Trois coups longs, chacun environ trois fois plus long qu’un court : taaap, taaap, taaap.
- Trois coups courts à nouveau : tap, tap, tap.
- Marquez une pause d’environ sept points, puis recommencez. Continuez jusqu’à ce que quelqu’un réponde.
Frappé sur un tuyau, un mur ou une coque, la différence entre court et long passe par l’espace après chaque coup plutôt que par le coup lui-même, alors exagérez les pauses : trois rapides, trois lents, trois rapides. Les secouristes sont entraînés à guetter ce rythme.
Comment faire clignoter un SOS avec une lumière
Avec une lampe torche, la lampe du téléphone ou une lampe à signaux, masquez ou éteignez le faisceau entre les éléments. Trois éclairs courts, trois éclairs longs, trois éclairs courts, pause, recommencez. Si vous pouvez orienter la lumière, balayez lentement l’horizon pour qu’un observateur lointain ait plus de chances de la capter. La nuit, une lumière clignotante se voit de bien plus loin qu’une lumière fixe, et c’est le rythme artificiel du SOS qui la distingue des lumières ordinaires.
Les autres façons d’envoyer un SOS
- Écrit dans le sable, la neige ou sur un toit en grandes lettres. SOS se lit de la même façon à l’envers, ce qui fait partie de son intérêt pour la signalisation sol-air.
- Trois de n’importe quoi : trois feux, trois coups de sifflet, trois coups de feu. La « règle des trois » en signalisation de survie vient de la même tradition.
- De nombreux smartphones intègrent une fonction d’appel d’urgence SOS, et certaines applications de lampe torche font clignoter le motif automatiquement.
Le SOS est-il encore officiel ?
Pas en mer. En 1999, le Système mondial de détresse et de sécurité en mer (SMDSM, GMDSS en anglais) a entièrement remplacé le morse pour la navigation internationale, et le SOS a cessé d’être le signal de détresse maritime officiel. Les navires utilisent désormais des appels numériques automatisés et des balises satellites. Malgré cela, le SOS reste universellement reconnu, est toujours enseigné dans les stages de survie, et reste la bonne chose à envoyer si une lumière ou un son frappé est tout ce dont vous disposez. Personne qui entend trois courts, trois longs, trois courts ne se demandera ce que vous voulez dire.
Les signaux apparentés à connaître
Le SOS n’est pas le seul code d’urgence de l’ère du morse. CQD, on l’a vu, était son prédécesseur. L’équivalent en radio vocale est « Mayday », du français « m’aider », adopté dans les années 1920 pour la phonie. « Pan-pan », de « panne », signale l’urgence sans danger immédiat. En morse, le prosigne d’urgence était XXX et le signal de sécurité TTT. Vous pouvez en savoir plus sur les prosignes et le reste du jargon des opérateurs dans notre guide des chiffres, de la ponctuation et des prosignes.
Si vous voulez entendre SOS et d’autres mots joués à vitesse réelle, essayez le traducteur morse. Et si vous voulez aller au-delà du seul signal que tout le monde connaît, notre guide du débutant vous amènera à copier des phrases entières à l’oreille.
